Découvrez les enjeux clés du reporting extra-financier en entreprise et son importance pour la transparence, la responsabilité sociale et la performance durable.

décembre 13, 2025

Reporting extra-financier : ce que les entreprises doivent respecter

En bref

  • Le reporting extra-financier devient un outil central de pilotage pour toute entreprise exposée aux enjeux climatiques, sociaux et de gouvernance.

  • La directive CSRD remplace la NFRD et la DPEF en rendant les informations de durabilité plus détaillées, normalisées et auditées.

  • Le principe de double matérialité impose d’analyser à la fois l’impact de l’entreprise sur son environnement et les effets des enjeux de durabilité sur sa situation financière.

  • Les piliers Environnement – Social – Gouvernance structurent les indicateurs clés : climat, biodiversité, conditions de travail, éthique, gestion des risques.

  • Bien mené, le reporting renforce la stratégie RSE, limite les risques de greenwashing, et améliore l’accès aux financements durables fondés sur les critères ESG.

Comprendre le Rapport extra-financier : obligations légales et contenu attendu

Le concept central du reporting extra-financier : au-delà de la performance économique

Dans le groupe fictif Orion Industrie, la direction a longtemps piloté uniquement la performance financière. La montée des attentes des investisseurs, des clients et des pouvoirs publics l’a conduite à structurer un reporting extra-financier complet, couvrant environnement, social, société et gouvernance. Cette transformation illustre un mouvement général : mesurer non plus seulement le profit, mais la contribution globale de l’entreprise à la société.

Le cœur de ce dispositif consiste à décrire comment le modèle d’affaires crée de la valeur tout en générant des impacts positifs ou négatifs. Il ne s’agit plus de publier quelques chiffres isolés, mais d’exposer un récit cohérent : enjeux, politiques, objectifs, indicateurs, résultats, et explications des écarts. Cette vision étendue s’inscrit dans la logique de la durabilité, qui articule horizon économique, social et environnemental.

En France, l’article L225-102-1 du Code de commerce impose ainsi une description du modèle d’affaires, la présentation des principaux risques extra-financiers, des politiques menées et des résultats associés. Historiquement formalisé dans la DPEF, ce cadre se trouve aujourd’hui renforcé par la dynamique européenne. L’Union européenne a choisi de faire du rapport de durabilité un langage commun entre parties prenantes : investisseurs, salariés, ONG, régulateurs, territoires.

  • Raconter de manière transparente les impacts sociaux, environnementaux et de gouvernance.

  • Mettre en regard objectifs annoncés et résultats mesurés par des indicateurs structurés.

  • Montrer la cohérence entre stratégie économique et engagements de durabilité.

Dimension

Contenu typique du reporting extra-financier

Exemple pour une entreprise industrielle

Environnement

Emissions, ressources, déchets, biodiversité, adaptation au climat

Bilan carbone, part de matières recyclées, projets d’économie circulaire

Social

Emploi, compétences, santé-sécurité, diversité

Taux de fréquence des accidents, index égalité professionnelle

Gouvernance

Rôle du conseil, éthique, lutte contre la corruption

Charte éthique, formation anti-corruption, cartographie des risques

Au final, ce rapport devient un miroir stratégique : il oblige l’entreprise à expliciter sa contribution à long terme et la cohérence globale de ses engagements.

Le principe de double matérialité : impact environnemental et risques financiers

Avec la directive CSRD, la notion de double matérialité est devenue la clé de voûte du reporting de durabilité. Elle oblige chaque entreprise à répondre à deux questions : quels sont mes impacts significatifs sur l’environnement et la société, et comment ces enjeux pèsent-ils sur ma situation économique, ma performance future et ma valorisation ? Ces deux angles sont complémentaires et indissociables.

La matérialité d’impact examine les effets de l’organisation sur le climat, les ressources, les communautés locales ou la biodiversité. Par exemple, une usine située en zone humide doit évaluer ses rejets, sa consommation d’eau, et les pressions exercées sur les écosystèmes. La matérialité financière, elle, s’intéresse aux conséquences des enjeux de durabilité sur les flux de trésorerie, l’accès au financement, ou la chaîne d’approvisionnement.

Dans la pratique, Orion Industrie a conduit des ateliers avec ses métiers, ses partenaires et certains clients pour identifier les thématiques réellement déterminantes. La hiérarchisation obtenue conditionne le périmètre du rapport, les indicateurs suivis et les priorités de la stratégie RSE. Ignorer ce travail de fond revient à produire un document décoratif, incapable d’orienter les décisions et les investissements.

  • Matérialité d’impact : effets de l’entreprise sur les personnes et l’environnement.

  • Matérialité financière : effets des enjeux de durabilité sur la situation économique.

  • Double lecture indispensable pour prioriser les enjeux et les plans d’action.

Type de matérialité

Question clé

Exemple d’indicateur

Impact

Que provoque mon activité sur mon environnement ?

Tonnes d’émissions de gaz à effet de serre (scopes 1, 2, 3)

Financière

Comment ces enjeux influencent-ils ma valeur économique ?

Coûts liés aux événements climatiques extrêmes subis par l’entreprise

Cette grille de lecture renouvelle le dialogue avec les investisseurs, qui évaluent désormais les critères ESG comme un proxy avancé de résilience et de compétitivité à long terme.

Découvrez les enjeux clés du reporting extra-financier en entreprise et son rôle dans la transparence, la responsabilité sociale et le développement durable.

Les cadres juridiques et réglementaires européens du reporting extra-financier

Évolutions majeures avec la directive CSRD et les standards ESRS

La directive CSRD constitue un tournant par rapport à l’ancienne directive 2014/95, appelée NFRD. Là où cette dernière laissait une relative liberté de format, la nouvelle réglementation impose un cadre détaillé, harmonisé et surtout plus exigeant. La Commission européenne a confié à l’EFRAG la mission de concevoir les ESRS (European Sustainability Reporting Standards) qui structurent désormais le contenu des rapports.

Ces standards précisent, thématique par thématique, les informations à fournir : politiques, objectifs, plans d’actions, indicateurs quantitatifs, horizons temporels. Ils couvrent l’ensemble des enjeux de durabilité : climat, pollution, eau, ressources, biodiversité, travailleurs, communautés, consommateurs, conduite des affaires, gouvernance. L’objectif est de permettre la comparabilité entre entreprises et secteurs, condition indispensable au développement de la finance durable.

Pour Orion Industrie, ce changement signifie une redéfinition complète de son reporting : cartographie des données, responsabilités internes, systèmes d’information, articulation avec les rapports financiers. La CSRD valorise une information intégrée, où les facteurs extra-financiers sont mis au même niveau que les données comptables classiques.

  • Remplacement progressif de la DPEF nationale par des rapports conformes aux ESRS.

  • Structure détaillée des informations de durabilité : politiques, objectifs, résultats.

  • Intégration accrue entre reporting financier et extra-financier dans la même logique de stratégie.

Élément

Avant (NFRD / DPEF)

Après (CSRD / ESRS)

Contenu

Indications générales, hétérogènes

Exigences détaillées par norme thématique

Comparabilité

Limitée entre entreprises

Améliorée grâce à un référentiel commun

Digitalisation

Formats variés, peu structurés

Tagging numérique pour exploitation par les marchés

À moyen terme, la future directive Omnibus I, annoncée par la Commission européenne, pourrait ajuster certains paramètres du dispositif dans le cadre du Green Deal, ce qui incite les directions à surveiller de près les évolutions normatives.

Obligations d’audit et implications pour les entreprises concernées

Autre rupture majeure : la CSRD introduit une obligation de vérification externe des informations de durabilité. Un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant doit réaliser un audit de ces données, d’abord avec un niveau d’assurance limité, puis, à terme, raisonnable. Pour une entreprise comme Orion Industrie, cette exigence se traduit par la mise en place de contrôles internes robustes, comparables à ceux appliqués aux données financières.

Cette vérification oblige à documenter sources, méthodologies et hypothèses, et à assurer la traçabilité des chiffres publiés. L’erreur ou l’incohérence ne sont plus simplement des défauts d’image, mais peuvent entraîner sanctions, litiges ou défiance des marchés. C’est l’une des réponses les plus concrètes au risque de greenwashing, qui reposait largement sur l’absence de contrôle systématique.

Les équipes RSE doivent donc travailler main dans la main avec la direction financière, les systèmes d’information et le contrôle interne. Les conseils d’administration voient également leurs responsabilités renforcées, puisqu’ils approuvent un rapport de durabilité désormais placé au cœur de la communication d’entreprise.

  • Formalisation des processus de collecte et de validation des données extra-financières.

  • Renforcement des interactions entre directions RSE, finance et risques.

  • Nouveau rôle stratégique du conseil dans la supervision du rapport de durabilité.

Aspect

Attentes réglementaires

Conséquence pour l’entreprise

Contrôles internes

Processus formalisés et documentés

Cartographie des données, procédures, formations

Vérification externe

Assurance limitée puis raisonnable

Relation structurée avec auditeur, planning, tests

Gouvernance

Implication du conseil d’administration

Intégration renforcée des enjeux de durabilité dans la stratégie

Au bout du compte, cette exigence de fiabilité transforme le rapport de durabilité en véritable document de référence, que les investisseurs peuvent exploiter avec le même degré de confiance que les états financiers.

Les échéances et catégories d’entreprises sous le scope réglementaire

La CSRD s’applique progressivement à plusieurs vagues d’entités, en fonction de leur taille, de leur statut et de leur ancrage européen. D’abord les grandes sociétés déjà couvertes par la NFRD, puis un univers beaucoup plus large de grandes entreprises non cotées, et enfin certaines PME cotées. Les sociétés de pays tiers ayant une activité significative en Europe sont aussi concernées à travers leurs filiales ou succursales.

Concrètement, une entreprise est souvent visée lorsque deux des trois seuils suivants sont dépassés : nombre de salariés, total de bilan, niveau de chiffre d’affaires. Les groupes extra-européens atteignant un important volume de ventes dans l’UE devront également publier un rapport de durabilité sur leurs impacts dans la région. Cette extension du périmètre reflète la volonté de créer des conditions de concurrence équitables.

La directive Omnibus I, dans le prolongement du Green Deal, est appelée à préciser certains seuils, modalités de mise en œuvre et coordinations avec d’autres textes, notamment en matière de produits financiers et de taxonomie verte. Les organisations qui anticipent ces clarifications en renforçant leurs systèmes de données prennent une longueur d’avance.

  • Application progressive à plusieurs catégories d’entreprise selon taille et statut.

  • Inclusion des groupes de pays tiers avec activité significative dans l’UE.

  • Nécessité d’anticiper la montée en charge des exigences de données.

Catégorie d’entreprise

Critères principaux

Enjeu pour la préparation

Grandes entreprises européennes

Seuils de taille et de chiffre d’affaires

Refonte du reporting, alignement avec ESRS

PME cotées

Petite taille mais accès au marché

Adaptation à des exigences allégées mais structurantes

Groupes de pays tiers

Activité significative dans l’UE

Production de rapports alignés sur standards européens

Se préparer tôt, c’est éviter de gérer la conformité dans l’urgence et transformer la contrainte réglementaire en levier d’amélioration continue.

Frise du reporting extra-financier en Europe

De la directive NFRD à la CSRD et aux ESRS : une montée en puissance progressive des obligations de transparence.

Légende : Obligation juridique majeure Normes & standards Extension du périmètre
2014 2018 2022 2024 2029

Période explorée

2014 – Adoption de la directive NFRD : la transparence extra-financière prend forme en Europe.

Entreprises couvertes : grandes entreprises cotées Niveau de maturité : Fondations
Chargement des données de contexte européen…

Mise en œuvre et enjeux stratégiques du reporting extra-financier en entreprise

Les piliers environnementaux, sociaux et de gouvernance : indicateurs et risques clés

Sur le pilier environnemental, la priorité est la compréhension fine de l’empreinte de l’entreprise. Les démarches de comptabilité carbone s’appuient sur les scopes 1 (émissions directes), 2 (énergie achetée) et 3 (chaîne de valeur) pour quantifier l’impact climatique. Orion Industrie a par exemple réalisé un bilan exhaustif de ses flux de transport et de matières premières, débouchant sur un plan d’action et des projets potentiels de compensation fondés sur des crédits certifiés. Lisez d’autres articles piliers de notre société.

Au-delà du climat, la gestion des ressources, la pollution et la protection de la nature sont examinées : consommation d’eau, recyclage, sols, et effets sur les écosystèmes. Les stratégies d’économie circulaire deviennent un axe fort de réduction des risques et des coûts : réemploi, réparation, éco-conception, mutualisation des ressources industrielles sur un territoire. Ces démarches environnementales s’articulent directement avec la stratégie globale de l’entreprise.

Le pilier social se concentre sur les conditions de travail, la santé-sécurité, la formation, le dialogue social et la diversité. Un indicateur comme le taux de fréquence des accidents, couplé à un plan de prévention, permet de suivre l’efficacité des mesures. Les politiques de diversité et d’inclusion se traduisent par des objectifs chiffrés, par exemple sur la mixité des métiers techniques.

  • Environnement : bilan carbone, ressources, pollution, nature, adaptation au climat.

  • Social : emploi, compétences, santé-sécurité, égalité, dialogue social.

  • Gouvernance : transparence, éthique, supervision des enjeux de RSE.

Pilier

Risque clé

Indicateur exemplaire

Environnement

Exposition aux contraintes climatiques

Intensité carbone par unité produite

Social

Accidents du travail et pénibilité

Taux de fréquence des accidents avec arrêt

Gouvernance

Manque de supervision des enjeux ESG

Part d’administrateurs référents en RSE au conseil

Enfin, la gouvernance joue un rôle de chef d’orchestre : composition des instances, comités spécialisés, politiques anticorruption, dispositifs d’alerte éthique. C’est elle qui garantit que les piliers environnement et social ne restent pas à la marge, mais irriguent la stratégie et la prise de décision au plus haut niveau de l’entreprise.

Bonnes pratiques et normes internationales pour un reporting crédible et efficace

Pour éviter le greenwashing et bâtir un rapport solide, de nombreuses organisations s’alignent sur des cadres internationaux reconnus. Le référentiel GRI offre une grille complète de thématiques et d’indicateurs, tandis que la TCFD fournit une approche robuste pour décrire la gouvernance, la gestion des risques climatiques et les scénarios liés au réchauffement. Ces cadres, combinés aux ESRS, forment un socle cohérent pour la communication et le pilotage.

Orion Industrie a ainsi croisé les recommandations TCFD avec les exigences de la CSRD, ce qui lui a permis d’identifier les sites les plus vulnérables aux événements climatiques, puis d’orienter ses investissements de renforcement. L’entreprise a également mis en place un comité RSE au niveau du conseil d’administration, et un réseau de correspondants dans chaque filiale pour fiabiliser les données.

Les bonnes pratiques incluent aussi la publication d’objectifs chiffrés, datés et réalistes, assortis de preuves concrètes : photos de projets, certificats, résultats d’audits, témoignages d’acteurs de terrain. Le Portail RSE en France, plateforme institutionnelle, accompagne les entreprises sur ces sujets à travers guides, retours d’expérience et actualités réglementaires.

  • Utiliser des référentiels reconnus (GRI, TCFD) pour structurer le rapport.

  • Documenter les actions et résultats pour éviter toute accusation de greenwashing.

  • S’appuyer sur des ressources d’accompagnement comme le Portail RSE.

Référentiel

Objectif principal

Apport pour l’entreprise

GRI

Reporting détaillé multi-thèmes

Cadre structurant pour un rapport complet

TCFD

Transparence sur le climat et la finance

Meilleure intégration des enjeux climatiques à la performance économique

ESRS

Alignement réglementaire européen

Conformité à la CSRD et comparabilité sectorielle

En combinant ces outils, le reporting devient un levier complet : il sécurise la conformité, renforce la réputation, améliore l’accès aux capitaux durables, et fait du projet RSE un vecteur de création de valeur pour l’entreprise et ses parties prenantes. D’autres infos sur notre plateforme dédiée.

Quelles sont les entreprises principalement concernées par la CSRD ?

La CSRD s applique d abord aux grandes entreprises déjà couvertes par la NFRD, puis à un champ élargi de grandes sociétés européennes, à certaines PME cotées, et enfin aux groupes de pays tiers réalisant un chiffre d affaires significatif dans l Union européenne. Les critères combinent effectifs, total de bilan et niveau de chiffre d affaires.

Comment démarrer un reporting extra-financier quand on est une entreprise de taille moyenne ?

La première étape consiste à cartographier les enjeux matériels via des ateliers internes et des échanges avec les parties prenantes. Il faut ensuite identifier les indicateurs existants, combler les manques, structurer la collecte de données, et s inspirer de cadres comme le GRI et la TCFD. La démarche peut être progressive, mais doit rester cohérente et documentée.

En quoi le reporting extra-financier améliore-t-il la performance globale ?

En structurant les informations sur l environnement, le social et la gouvernance, le reporting met en lumière des leviers d économies, de réduction des risques, d innovation et d attractivité. Il facilite aussi l accès aux financements fondés sur les critères ESG, qui sont de plus en plus prisés par les investisseurs et les banques.

Quel est le lien entre comptabilité carbone et reporting de durabilité ?

La comptabilité carbone fournit les chiffres clés sur les émissions de l entreprise, par scopes 1, 2 et 3. Ces données alimentent le rapport de durabilité, qui présente les trajectoires de réduction, les plans d action et, le cas échéant, les dispositifs de compensation. Elles permettent aux parties prenantes d évaluer la crédibilité de la stratégie climat.

Comment éviter le greenwashing dans son rapport de durabilité ?

Il est essentiel de publier des informations vérifiables, cohérentes et complètes : méthodologies explicites, indicateurs suivis dans le temps, objectifs réalistes, preuves des actions menées. Le recours à un auditeur externe, l alignement sur les ESRS, le GRI et la TCFD, ainsi que la transparence sur les limites et difficultés rencontrées, sont des garde-fous efficaces.