Découvrez comment la nouvelle loi sur les PFAS prévoit une interdiction progressive de ces substances chimiques à partir de 2026, et quels secteurs seront concernés par ces restrictions en France.

décembre 13, 2025

PFAS : définition, dangers et cadre réglementaire

Loi sur les PFAS : vers une interdiction progressive dès 2026 – En bref

  • Interdiction progressive des PFAS à partir du 1er janvier 2026 dans certains produits grand public comme les cosmétiques et textiles.

  • Santé et environnement : toxicité, persistance, pollution généralisée des milieux naturels et impacts graves sur l’humain (maladies, cancers).

  • Nouvelles obligations : contrôle renforcé des eaux, transparence sur la contamination et accès public à la cartographie des rejets de PFAS.

  • Sanctions et redevances : mise en demeure, amendes, astreintes et participations financières des industriels pour dépollution.

  • Exceptions prévues pour certains usages professionnels : vêtements/protections spécifiques, seuils définis par décret.

  • Trajectoire de réduction des rejets industriels : suppression totale des émissions dans l’eau visée sous 5 ans.

  • Importance de la publication prochaine des décrets d’application pour la mise en œuvre concrète de la loi.

Pionnière à l’échelle européenne, la France vient d’adopter une législation spécifique ambitieuse visant à encadrer, cesser et assainir la présence des PFAS – ces « polluants éternels » – dans l’environnement et les produits usuels. La loi n° 2025-188 du 27 février 2025 opère un tournant à la fois pour les industriels, les consommateurs et les collectivités, amorçant une interdiction progressive des substances incriminées dès 2026 dans de nombreux objets du quotidien. Derrière cette montée en puissance législative se dessine une priorité nationale : protéger la santé publique et restaurer les milieux naturels, profondément affectés par plusieurs décennies de contamination silencieuse, en mobilisant moyens de contrôle, obligations de dépollution, responsabilité financière des pollueurs et transparence renforcée envers les citoyens. D’autres produits règlementé a trouver sur notre site.

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Loi française sur les PFAS : interdiction progressive des substances chimiques persistantes à partir de 2026

Portée par une prise de conscience grandissante face à la menace sanitaire et environnementale posée par les PFAS, la France a introduit une réponse réglementaire inédite avec l’adoption de la loi n° 2025-188. Baptisées polluants éternels en raison de leur stabilité exceptionnelle, ces substances regroupent plus de 4 000 composés synthétiques, omniprésents dans l’industrie et le quotidien depuis la seconde moitié du XXe siècle.

Vêtements de sport imperméables, emballages alimentaires, ustensiles antiadhésifs, mousses anti-incendie ou bien encore cosmétiques : les PFAS sont utilisés pour leurs propriétés anti-taches, hydrofuges ou anti-graisses. Cependant, leur stabilité les rend quasiment indestructibles dans les milieux naturels. Cette omniprésence entraîne une pollution persistante, qui se répercute sur l’eau, les sols et la chaîne alimentaire.

L’entrée en vigueur progressive de l’interdiction marque une nouvelle étape de la politique publique, en réponse à de récents rapports alarmants établis par l’ANSES, l’OMS et divers acteurs associatifs et citoyens, mobilisés sur la question des substances chimiques persistantes. Par ailleurs, cette législation s’inscrit dans un contexte européen en pleine mutation, préfigurant les évolutions potentielles du règlement REACH visant à étendre l’interdiction des PFAS à l’ensemble des États membres.

Découvrez les implications de la loi sur les PFAS, qui prévoit une interdiction progressive de ces substances dès 2026 afin de mieux protéger l'environnement et la santé publique.

Origines et dangers des PFAS : impacts sanitaires et environnementaux mis en lumière par la nouvelle réglementation

Les PFAS (per- et polyfluoroalkylées) soulèvent une préoccupation sanitaire majeure, en tant que substances classées parmi les plus nocives par plusieurs organismes internationaux. Leur résistance aux processus naturels de dégradation explique leur surnom de polluants éternels et leur accumulation dans les milieux naturels (fleuves, nappes phréatiques, sols, faune, flore) ainsi que dans nos organismes. Les PFAS sont aujourd’hui détectés dans la quasi-totalité des échantillons d’eau potable en France et en Europe.

De nombreuses études épidémiologiques ont établi des liens entre l’exposition chronique aux PFAS et le développement de pathologies graves, telles que des cancers (testicule, rein), des dysfonctionnements du système immunitaire, des troubles du développement, ou encore des perturbations endocriniennes. Certains PFAS s’avèrent génotoxiques ou perturbateurs hormonaux, affectant notamment la fertilité et la croissance chez l’enfant. Le cas fictif de Camille, vivant à proximité d’un site industriel dans la région Auvergne-Rhône-Alpes – récemment classée en zone prioritaire pour la surveillance des PFAS – illustre la prégnance de cette contamination : examens sanguins alarmants, nécessité d’une eau potable filtrée, angoisse face à une pollution invisible.

L’impact environnemental est tout aussi critique. On constate des phénomènes de bioaccumulation dans les chaînes alimentaires, ce qui expose la faune sauvage, l’agriculture et, secondairement, l’alimentation humaine. Cette propagation silencieuse a déjà poussé plusieurs États, villes et communautés à lancer des procédures de dépollution lourdes et coûteuses – avec des résultats partiels compte tenu de la stabilité des PFAS.

  • Les PFAS résistent aux traitements usuels d’épuration de l’eau.

  • Leur présence dans le lait maternel et le sang est régulièrement détectée.

  • Des taux élevés sont associés à des localisations industrielles ou à certains usages intensifs (aéroports, usines chimiques).

Médias contaminés

Exemples de conséquences prouvées

Groupes à risque

Eaux de surface & potable

Troubles hormonaux, cancers via exposition chronique

Population générale, nourrissons, riverains

Sols agricoles

Bioaccumulation dans cultures/laits

Agriculteurs, consommateurs

Faune/flore aquatique

Toxicité aiguë, perturbation cycles biologiques

Écosystèmes aquatiques, pêcheurs

Interdiction des PFAS dans les cosmétiques, textiles et autres produits : calendrier, exceptions et seuils fixés par la loi n° 2025-188

La loi n° 2025-188 fixe une trajectoire d’interdiction progressive de la fabrication, de l’importation, de la mise sur le marché et de l’exportation de produits contenant des PFAS, s’articulant autour de deux étapes principales. Dès le 1er janvier 2026, l’interdiction s’applique à :

  • Cosmétiques (maquillage, lotions, soins capillaires, etc.).

  • Textiles d’habillement grand public et chaussures (sauf équipements de protection).

  • Articles pour le fartage de skis.

  • Agents imperméabilisants à usage domestique ou non professionnel.

Un seuil de concentration en PFAS – déterminé par décret – sera instauré, permettant d’exclure de l’interdiction les produits hors de portée technique ou présentant des traces résiduelles (limitation indispensable face à l’ubiquité des PFAS). Les vêtements, chaussures et textiles de protection dédiés à la sécurité civile, militaire ou à la lutte anti-incendie bénéficieront d’exceptions, dont la liste précise doit être arrêtée par décret.

L’extension de l’interdiction à l’ensemble des textiles, tapis et linges de maison est prévue au 1er janvier 2030, sauf usage industriel ou indispensable pour la sécurité – une échéance jugée tardive par plusieurs associations, eu égard à la nécessité d’avancer vers la protection rapide des consommateurs. Les professionnels du secteur, comme l’entreprise fictive “TexImpec”, anticipent d’ores et déjà ces échéances en réorientant leur R&D vers des matériaux alternatifs.

  • Exemptions possibles en cas d’usages essentiels (santé, industrie lourde, armée).

  • Publication d’une liste officielle des produits et seuils admissibles attendue via décrets d’application.

  • Application de l’interdiction immédiate si les secteurs n’avancent pas sur la substitution.

Exemples d’applications concrètes et liste des produits concernés par l’interdiction progressive

Produit concerné

Date d’interdiction

Exception(s)

Commentaire

Crème solaire, fond de teint

1er janv. 2026

Aucune

Développement de formules sans PFAS en cours par les marques

K-way, manteaux imperméables, pantalons de ski

1er janv. 2026

Protection militaire / pompiers

Difficultés d’adaptation pour les équipements professionnels

Produits de fartage

1er janv. 2026

Industriel

Remplacement progressif par des alternatives naturelles

Tapis, linges de maison, vêtements professionnels

1er janv. 2030

Usages industriels essentiels

L’interdiction sera généralisée sauf exceptions

Pour suivre l’avancement et la déclinaison effective de cette réglementation, il est impératif de consulter régulièrement le site officiel de l’UFC Que Choisir, particulièrement vigilant sur le suivi des textes et leur application concrète.

Renforcement du contrôle des eaux et transparence sur la contamination aux PFAS : nouvelles obligations pour la santé publique

La réglementation française sur les PFAS introduit un contrôle sanitaire renforcé des eaux destinées à la consommation humaine. Toutes les analyses d’eau potable menées par les Agences Régionales de Santé doivent désormais inclure la détection obligatoire des PFAS, et la liste des substances surveillées pourra être élargie selon les spécificités des territoires. Cette mesure fait suite aux révélations de la présence de PFAS au robinet dans de nombreuses communes, ce qui, chez des familles comme celle de Camille évoquée précédemment, a engendré de multiples inquiétudes et une exigence de transparence de la part des autorités.

Les distributeurs d’eau, ainsi que les acteurs de la filière de production d’eau conditionnée, sont aussi visés par l’obligation annuelle de publication des résultats d’analyses concernant la concentration de PFAS, accessibles au public. Par ailleurs, une cartographie nationale recensant tous les sites identifiés comme émetteurs de PFAS, ainsi que les quantités rejetées, sera mise en ligne et actualisée une fois par an par les services compétents.

  • Obligation de contrôler la concentration en PFAS par prélèvements réguliers.

  • Accès public et actualisé aux données locales et nationales grâce à la cartographie.

  • Détection systématique des PFAS dans l’eau de consommation dès 2026.

Mesure de contrôle

Acteurs concernés

Fréquence/Modalité

Analyses PFAS dans l’eau potable

Agences régionales de santé, distributeurs d’eau

Obligatoire/an ; possible extension du spectre de substances

Publication cartographie PFAS

Ministère de l’Écologie, ARS

Mise à jour annuelle

Communication résultats à la population

Collectivités territoriales, producteurs d’eau

Publication en ligne, affichage local

Cette transparence accrue vise à rétablir la confiance, tout en permettant aux citoyens, mais aussi aux acteurs économiques locaux, de s’organiser face à la persistance de cette pollution.

Sanctions, redevances environnementales et accompagnement de la dépollution : les leviers de la loi française pour la réduction des rejets de PFAS

L’une des spécificités majeures de cette loi concerne l’encadrement contraignant des entreprises responsables de la pollution par les PFAS. En cas de non-respect de l’interdiction ou d’atteinte à la santé publique ou à l’environnement, le dispositif prévoit une gradation des sanctions : mise en demeure, amendes, astreintes journalières, suspension ou interdiction de commercialisation, retrait ou destruction des produits en infraction, et consignations financières si besoin. L’intervention immédiate en cas de danger grave, la prescription des actions, ainsi que le recours aux tribunaux administratifs en cas de désaccord, sont également garantis par la loi.

Au-delà des sanctions, la loi instaure une redevance environnementale inédite fondée sur le principe du « pollueur-payeur ». Toute installation industrielle soumise à autorisation qui continue d’émettre des PFAS dans l’eau devra s’acquitter d’une contribution dès 100 grammes rejetés chaque année, à hauteur de 100 € par 100 grammes. Les substances précises visées, le seuil de perception et le calcul exact seront fixés par décret, avec le suivi assuré par les agences de l’eau.

  • Dépollution : plan national organisé et financé par un fonds interministériel, impliquant collectivités et agences de l’eau.

  • Trajectoire obligatoire de réduction, suppression visée des rejets en 5 ans sur tout le territoire.

  • Redevance PFAS : responsabilisation accrue de l’industrie et incitation à la mise en conformité.

  • Publication annuelle des mesures et contrôles par les autorités.

Mécanisme

Application

Tarif/Modalité

Astreinte pour non-respect interdiction

Toutes entreprises visées

Défini par décret, cumulable avec amende

Redevance environnementale

Installations autorisées rejetant PFAS

100 €/100 g, seuil: 100 g/an (modulable)

Plan de dépollution financé

Collectivités, services de l’eau

Dépenses partagées, calendrier par décret

Sur le terrain, le plan national de dépollution engage les industriels dans une dynamique de dépollution progressive et impose aux secteurs concernés d’explorer toutes les alternatives au niveau des chaînes de production. L’articulation entre la redevance environnementale et l’obligation de résultats vise à changer durablement la donne, sous contrôle de l’État.

Il convient de noter que la suppression de l’interdiction générale initialement prévue, et les nombreuses exceptions accordées, limitent la portée immédiate de la réglementation. À l’échelle européenne, la pression monte pour avancer vers un bannissement global des PFAS, un débat qui mobilise tant les ONG que les industriels auprès de la Commission européenne dans le cadre de REACH. Rester sur notre plateforme pour plus de description de lois.

Répartition des sources de rejets de PFAS

    Évolution des concentrations dans les milieux aquatiques

    Source : données simulées à partir de rapports publics
    Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont surnommés « polluants éternels » pour leur persistance environnementale.

    Qu’est-ce que la loi française n° 2025-188 apporte face aux PFAS ?

    La loi n° 2025-188 introduit une interdiction progressive, des contrôles renforcés des eaux, des sanctions sévères pour les pollueurs, ainsi qu’une redevance environnementale. Elle crée un cadre transparent et responsabilise l’industrie, tout en amorçant un vaste plan de dépollution national.

    Quels produits sont interdits dès 2026 ?

    Dès le 1er janvier 2026, la fabrication, la mise sur le marché, l’importation et l’exportation de cosmétiques, de textiles d’habillement grand public, de chaussures et d’articles pour le fartage des skis contenant des PFAS seront prohibés, à l’exception de certaines protections professionnelles.

    Comment savoir si l’eau du robinet est contaminée par des PFAS ?

    Toutes les analyses officielles devront intégrer le contrôle des PFAS, avec publication annuelle des résultats et accès à la cartographie des sites émetteurs via les autorités sanitaires régionales.

    Quelle est l’efficacité de la dépollution face aux PFAS ?

    La dépollution est complexe et coûteuse en raison de la stabilité extrême des PFAS. Les nouvelles mesures imposent pourtant une réduction puis une suppression progressive des rejets, accompagnées d’aides au financement par l’État et d’incitations économiques.

    Est-ce que d’autres pays européens adopteront une interdiction similaire ?

    Le débat sur l’interdiction généralisée des PFAS est en cours au niveau de l’UE, notamment via le règlement REACH. Plusieurs pays sont engagés dans la voie d’une réglementation similaire, mais la France figure parmi les pionniers à concrétiser des interdictions à cette échelle.