La location meublée à usage d’habitation en LMNP bénéficie d’une exonération de TVA par principe, même en cas de location saisonnière.
La fourniture régulière d’au moins trois prestations para-hôtelières fait basculer automatiquement dans un régime de TVA avec obligations déclaratives.
La déclaration P0i et l’immatriculation à l’INPI structurent le démarrage de l’activité et le choix du statut de TVA.
Les plafonds de recettes conditionnent la franchise en base, au-delà la TVA devient collectée et déductible sur certaines charges.
La récupération de TVA concerne l’immobilier, les travaux et de nombreux frais, mais pas les intérêts d’emprunt, la taxe foncière ou la CFE.
Les taux de TVA varient selon la nature du logement et des prestations, avec des risques en cas de mauvaise application.
En cas de revente d’un bien ayant ouvert droit à TVA déductible, un rappel peut intervenir avant 20 ans, sauf stratégie de cession adaptée.
Une gestion rigoureuse, des outils numériques et parfois un expert-comptable sont des alliés clés pour un investissement immobilier serein en LMNP.
Exonération générale de la TVA en location meublée non professionnelle (LMNP)
Le cœur du régime fiscal du LMNP repose sur un principe simple : la location meublée à usage d’habitation est, par défaut, exonérée de TVA. Cette règle vaut que le logement soit loué à l’année, à des étudiants, à des salariés en mobilité ou dans un cadre ponctuel. Ni la durée de la location ni le niveau des loyers n’influencent cette exonération.
Concrètement, un propriétaire qui met un appartement meublé en location à un étudiant ne facture aucune TVA sur les loyers. Le bail mentionne un montant « toutes taxes comprises » sans ventilation, car il n’y a pas de TVA collectée. Même si le bailleur fournit un accès Internet ou une place de parking, ces services annexes restent accessoires et ne remettent pas en cause l’absence d’imposition à la TVA.
Ce principe vaut également pour une location saisonnière classique lorsqu’aucun service proche de l’hôtellerie n’est rendu de manière structurée. Louer un studio à la semaine sur une plateforme, sans petits-déjeuners ni ménage quotidien, reste une activité exonérée de TVA en LMNP. Que les réservations soient fréquentes ou occasionnelles ne change rien.
Les loyers de la location meublée d’habitation sont hors du champ de la TVA.
Les petites prestations accessoires ne transforment pas l’activité en prestation de services soumise à TVA.
L’occasionnalité ou la répétition des locations n’a pas d’impact sur cette exonération.
Type de location | Usage du logement | Régime de TVA par défaut | Remarque principale |
|---|---|---|---|
Appartement meublé étudiant | Habitation principale | Exonération de TVA | Pas de TVA sur les loyers ni sur les charges refacturées |
Studio meublé à l’année | Habitation | Exonération de TVA | Internet, parking, cave restent accessoires |
Location courte durée sans services | Habitation de passage | Exonération de TVA | Acceptée tant que les services restent limités |
Pour un bailleur comme Claire, qui débute dans la location meublée avec un petit studio urbain, cette règle signifie qu’elle n’a aucune TVA à facturer ni à déclarer, ce qui simplifie grandement sa gestion au quotidien.
Conditions précises d’exonération : limites et services para-hôteliers en LMNP
La frontière entre exonération et assujettissement à la TVA se situe autour des prestations para-hôtelières. Lorsque le bailleur se rapproche de l’activité d’hôtelier, l’administration considère qu’il ne loue plus seulement un bien, mais qu’il fournit principalement des services. C’est à ce moment que la TVA devient un enjeu central.
Quatre services sont classiquement identifiés comme déterminants : la fourniture de petit-déjeuner, le nettoyage régulier des locaux, la fourniture de linge de maison renouvelé, et la réception physique ou l’accueil régulier des clients. La fourniture habituelle d’au moins trois de ces éléments, de manière organisée, fait basculer l’activité de LMNP dans un régime de TVA obligatoire.
Moins de trois services fournis ponctuellement : la location meublée reste en principe exonérée de TVA.
Au moins trois services fournis de façon professionnelle : l’activité est assimilée à de l’hébergement touristique soumis à TVA.
La simple mise à disposition possible de ces services, même non consommés, est un critère clé.
Service | Caractère para-hôtelier | Impact potentiel sur la TVA | Exemple concret |
|---|---|---|---|
Petit-déjeuner | Oui | Contribue à l’assujettissement à la TVA | Buffet servi chaque matin aux locataires |
Nettoyage régulier | Oui | Renforce la qualification para-hôtelière | Ménage hebdomadaire inclus dans le prix |
Fourniture de linge | Oui | Compte parmi les services déterminants | Changement de draps et serviettes systématique |
Accueil physique | Oui | Participe au basculement dans la TVA | Réception ouverte en journée dans la résidence |
Pour un investisseur comme Julien, qui souhaite transformer un immeuble en résidence de tourisme, le choix de proposer ou non ces services n’est donc pas neutre. Il conditionne l’entrée dans un univers de TVA collectée et déductible, avec des effets sur le financement et les flux de trésorerie.
Impact de la fourniture régulière de services para-hôteliers sur l’assujettissement à la TVA
Dès lors que le bailleur organise la fourniture régulière d’au moins trois prestations para-hôtelières, il devient assujetti à la TVA de plein droit. Il doit alors facturer cette TVA sur les loyers et les services rendus, en appliquant le taux de TVA adéquat, et la reverser à l’administration. La TVA devient une composante structurelle de son modèle économique.
Ce basculement peut sembler contraignant, mais il ouvre aussi des perspectives. L’assujettissement permet en effet de déduire la TVA supportée sur les travaux de rénovation, sur une partie des frais de gestion et sur certaines charges liées à l’exploitation. Le montage financier doit donc intégrer cette possibilité dès l’origine du projet.
Assujettissement à la TVA = obligation de facturer, déclarer et reverser la taxe.
Possibilité de déduction de la TVA sur de nombreuses dépenses liées à l’exploitation.
Gestion plus complexe, mais parfois plus avantageuse sur le long terme.
Situation | Services fournis | Régime de TVA | Conséquence pratique |
|---|---|---|---|
Studio en résidence étudiante simple | Accueil minimal, pas de petits-déjeuners ni ménage | Exonération de TVA | Gestion allégée, pas de TVA déductible sur les dépenses |
Résidence de tourisme avec services | Petit-déjeuner, ménage, linge, réception | Assujettissement à la TVA | Facturation de la TVA et possibilité de déduction |
La question clé pour le bailleur devient donc : souhaite-t-il se positionner comme simple propriétaire en LMNP d’habitation, ou comme prestataire de services d’hébergement avec toutes les implications de TVA que cela comporte ?
Différence entre services occasionnels et assujettissement automatique à la TVA
Un point souvent mal compris concerne la distinction entre services occasionnels et services proposés de manière systématique. Donner un coup de ménage entre deux locataires, prêter exceptionnellement du linge ou offrir un panier de bienvenue n’entraîne pas, à lui seul, un assujettissement à la TVA. Ces gestes restent ponctuels et accessoires.
En revanche, si le propriétaire indique dans ses annonces que le ménage hebdomadaire, le petit-déjeuner et le linge remplacé tous les trois jours sont inclus, l’administration considère que ces services sont offerts de façon régulière. Même si tous les locataires n’en profitent pas, la simple proposition structurée suffit pour enclencher l’assujettissement à la TVA.
Services occasionnels : pas de changement de régime, la location meublée reste exonérée.
Services organisés, annoncés et répétitifs : basculement quasi automatique dans un régime de TVA.
La communication (annonces, site web, plaquettes) est un élément probant pour l’administration.
Type de service | Fréquence | Effet sur la TVA | Illustration |
|---|---|---|---|
Ménage de fin de séjour | Une fois par location | Aucun assujettissement supplémentaire | Frais facturés en plus du loyer, mais activité principale de location |
Ménage hebdomadaire + linge fourni + accueil | Régulier, inclus dans l’offre | Assujettissement à la TVA | Offre structurée proche d’un service hôtelier |
Pour éviter toute ambiguïté, il est utile de relire ses supports de communication en se demandant : si un contrôleur fiscal les consultait, verrait-il une simple location ou une véritable formule hôtelière avec services annexes ?
Formalités administratives : déclaration P0i et immatriculation INPI en LMNP avec TVA
Dès le lancement de l’activité, le bailleur doit accomplir certaines démarches. La première étape consiste à remplir le formulaire P0i pour déclarer son statut de LMNP. Ce document permet d’identifier l’activité auprès de l’administration fiscale et des organismes sociaux, y compris en cas d’activité exonérée de TVA.
Dans le cas classique d’une location meublée d’habitation sans prestations para-hôtelières, il est recommandé de préciser, en commentaire du formulaire, que l’activité est hors champ ou exonérée de TVA. Cette mention explicite clarifie la situation dès l’origine et réduit le risque d’incompréhension ultérieure quant à l’absence de déclaration de TVA.
Formulaire P0i : point de départ administratif de l’activité de LMNP.
Mentionner clairement le régime de TVA : hors champ, exonéré ou option pour la TVA.
Inscrire l’activité dans les registres via l’INPI selon les procédures en vigueur.
Démarche | Objet | Impact TVA | Conseil pratique |
|---|---|---|---|
Remplir le P0i | Déclarer le début de l’activité de location meublée | Indiquer « exonéré de TVA » si pas de services | Ajouter un commentaire explicite sur le statut de TVA |
Immatriculation | Enregistrement de l’activité | Permet d’obtenir un numéro d’identification | Conserver tous les courriers officiels et notifications |
Option écrite pour la TVA | Choisir l’assujettissement volontaire | Effet rétroactif au début du mois de demande | Anticiper l’impact sur les loyers et la clientèle |
Le bailleur peut aussi opter volontairement pour la TVA par simple courrier adressé au service des impôts des entreprises. Cette option, qui produit effet au début du mois de la demande, peut être intéressante lorsqu’un projet de travaux lourds est en cours, car elle autorise la déduction de la TVA sur ces dépenses.
Plafonds de recettes 2025 et franchise en base de TVA pour loueur meublé non professionnel
La franchise en base de TVA permet à certains loueurs d’être dispensés de facturer la taxe à leurs clients, même s’ils sont en principe assujettis. Cette franchise dépend du montant des recettes annuelles et des seuils spécifiques en vigueur. Pour la location meublée avec dimensions para-hôtelières, ces plafonds diffèrent des seuils de locations classiques.
Tant que les recettes restent sous ces limites, le bailleur n’a pas à facturer de TVA. Une mention du type « TVA non applicable, article 293 B du CGI » figure alors sur les factures. En revanche, lorsque les recettes dépassent ces plafonds, le régime bascule vers l’imposition de plein droit, sauf cas de dépassements ponctuels tolérés.
Franchise en base : aucun besoin de facturer ou reverser la TVA.
Dépassement durable des limites : passage au régime réel d’imposition à la TVA.
Surveillance annuelle des recettes : outil indispensable de pilotage.
Type d’activité | Régime | Effet sur la TVA | Conséquence pour le bailleur |
|---|---|---|---|
Location meublée avec peu ou pas de services | LMNP d’habitation | Exonération de TVA, franchise sans plafond spécifique | Pas de suivi des seuils de TVA à proprement parler |
Location avec services proches de l’hôtellerie | Activité para-hôtelière | Franchise conditionnée aux plafonds de recettes | Nécessité de suivre les recettes pour éviter les erreurs |
Pour un investisseur qui développe plusieurs studios touristiques, la vigilance sur les seuils évite un basculement non anticipé dans un régime de TVA avec des obligations plus lourdes, notamment au régime réel simplifié ou équivalent.
Mécanisme de récupération de la TVA pour un LMNP assujetti : charges récupérables et non récupérables
Lorsque le loueur en LMNP est assujetti à la TVA, la grande question devient celle de la déductibilité. La TVA payée sur certains investissements et sur une partie des charges peut, sous conditions, être récupérée. C’est l’un des leviers les plus puissants pour optimiser la rentabilité nette d’une opération.
En pratique, la TVA sur le prix d’acquisition d’un bien neuf ou en état futur d’achèvement, sur les travaux de rénovation lourde, sur les travaux d’entretien, sur les factures de prestataires et sur les honoraires comptables peut être imputée sur la TVA collectée. La différence excédentaire peut, le cas échéant, donner lieu à un crédit de TVA.
Acquisition immobilière : TVA déductible sous conditions d’affectation à une activité taxée.
Travaux et entretien : TVA souvent récupérable sur factures en bonne et due forme.
Honoraires et divers frais : vérification systématique de la déductibilité de la TVA.
Nature de la dépense | TVA facturée | TVA déductible ? | Commentaire |
|---|---|---|---|
Achat d’un appartement neuf en résidence de services | Oui | Oui, si activité soumise à TVA | Souvent l’élément central du montage |
Travaux de rénovation meublé touristique | Oui | Oui | TVA récupérable si affectée à l’activité taxable |
Honoraires de comptable | Oui | Oui | Fait partie des charges de gestion déductibles |
À l’inverse, certains postes restent exclus de la déductibilité de la TVA ou ne comportent pas de TVA du tout, comme les droits d’enregistrement, les intérêts et frais de crédit, la taxe foncière ou la CFE. Ils demeurent néanmoins déductibles en résultat pour l’impôt sur le revenu, mais sans impact sur la TVA.
Exemples concrets illustrant la récupération de la TVA en location meublée non professionnelle
Imaginons que Sophie achète un appartement en résidence de tourisme pour 240 000 € TTC, dont 40 000 € de TVA. En se positionnant sur une activité assujettie avec services structurés, elle peut, sous respect des conditions, récupérer tout ou partie de ces 40 000 € via sa déclaration de TVA. Cela représente un levier de financement conséquent. D’autres exemples concrets dans notre site d’actu.
La même année, elle engage 30 000 € de travaux, avec 6 000 € de TVA. Si son activité est bien placée sous le régime de TVA avec facturation au client, cette somme vient en diminution de la taxe qu’elle devra reverser. Les factures de prestataires, de mobilier, d’équipements informatiques ou de marketing participent au même mécanisme.
Acquisition + travaux = potentiel important de récupération de TVA.
Suivi des factures : chaque ticket de caisse ou facture contenant de la TVA a un intérêt.
Un tableur ou un logiciel dédié facilite ce suivi sur plusieurs années.
Action de Sophie | Montant TTC | TVA incluse | Effet prévu |
|---|---|---|---|
Achat du bien | 240 000 € | 40 000 € | TVA potentiellement récupérable sur plusieurs années |
Travaux de rénovation | 30 000 € | 6 000 € | Déduction immédiate ou étalée selon la situation |
Honoraires de comptable | 1 200 € | 200 € | TVA déductible, réduit le coût net de l’accompagnement |
Bien gérée, la TVA devient ainsi un allié plus qu’une contrainte, à condition d’anticiper l’équilibre entre TVA collectée sur les loyers et TVA déductible sur les charges et investissements.
Charges exclues de la récupération de TVA : intérêts, taxe foncière et autres
Toutes les dépenses ne donnent pas droit à déduction. Les droits de mutation à titre onéreux, payés lors de l’achat d’un bien ancien, ne comportent pas de TVA et ne permettent donc aucun crédit. Il en va de même pour les intérêts d’emprunt, les frais de dossier bancaire et la plupart des primes d’assurance emprunteur.
La taxe foncière et la cotisation foncière des entreprises (CFE) sont des impositions locales, sans TVA. Elles restent négociables en trésorerie, mais sans intérêt pour la TVA. L’assurance multirisque habitation ou propriétaire non occupant suit généralement la même logique, la TVA n’étant pas détachable au sens fiscal.
Dépenses financières et fiscales : pas de TVA déductible.
Assurances classiques : absence de mécanisme de déduction de TVA.
Importance de distinguer clairement ces postes des dépenses « productives » de TVA.
Type de charge | TVA présente ? | TVA récupérable ? | Impact sur la gestion |
|---|---|---|---|
Intérêts d’emprunt | Non | Non | Aucun effet TVA, mais déductibles fiscalement |
Taxe foncière | Non | Non | Poids à intégrer dans la rentabilité, hors TVA |
CFE | Non | Non | Charge fixe annuelle sans impact TVA |
La capacité à distinguer d’emblée les dépenses génératrices de TVA déductible des autres postes évite de perdre du temps et sécurise la comptabilité, surtout lorsque le volume de factures augmente avec le développement de l’activité.
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Obligations déclaratives et gestion rigoureuse de la TVA en LMNP : télédéclaration et échéances
Un bailleur assujetti à la TVA doit respecter un calendrier strict de déclaration et de paiement. La télédéclaration se fait aujourd’hui en ligne, notamment via les espaces professionnels sur impots.gouv.fr. Selon le régime choisi, les déclarations peuvent être mensuelles, trimestrielles ou annuelles.
La fameuse déclaration annuelle CA12 concerne de nombreux exploitants, avec le paiement d’acomptes provisionnels en cours d’année. Chaque période, le bailleur récapitule la TVA collectée sur les loyers et les prestations, ainsi que la TVA déductible sur les dépenses. La différence donne la TVA à payer ou le crédit de TVA à reporter.
Télédéclaration obligatoire, pas de formulaires papier dans la plupart des cas.
Respect des échéances = éviter pénalités et intérêts de retard sur la TVA.
Organisation des pièces justificatives : base d’une gestion saine.
Régime de déclaration | Périodicité | Public visé | Avantage / Inconvénient |
|---|---|---|---|
Mensuel | Chaque mois | Hauts volumes de TVA collectée | Suivi fin mais gestion plus lourde |
Trimestriel | Quatre fois par an | Recettes régulières mais modérées | Compromis entre précision et simplicité |
Annuel (CA12) | Une fois par an + acomptes | Structures de taille plus modeste | Moins de déclarations mais besoin d’anticiper les acomptes |
Un simple retard ou une omission répétée peut mener à des majorations. Pour un bailleur qui gère déjà la trésorerie, les locataires et les travaux, automatiser ces tâches via un logiciel ou déléguer à un professionnel devient souvent un choix rationnel.
Taux de TVA applicables en location meublée non professionnelle selon la nature du logement et des prestations
Plusieurs taux de TVA coexistent dans l’univers de la location meublée en LMNP. Le taux intermédiaire de 10 % concerne la majorité des locations d’hébergement soumises à TVA, par exemple une résidence de tourisme avec services annexes. Il s’applique généralement aux loyers et prestations principales de séjour.
Un taux réduit de 5,5 % peut s’appliquer dans des établissements spécifiques à vocation sociale ou médicale, comme certaines résidences pour personnes âgées ou structures de soins. Ces régimes supposent toutefois des textes particuliers et des agréments, qui dépassent le cadre du simple investisseur individuel.
Taux de TVA de 10 % : la norme pour les hébergements touristiques soumis à la taxe.
Taux de TVA de 5,5 % : situations spécifiques à forte dimension sociale.
Taux normal de 20 % : prestations supplémentaires non incluses dans l’hébergement.
Type de prestation | Taux applicable | Exemple | Impact pour le bailleur |
|---|---|---|---|
Hébergement para-hôtelier | 10 % | Location avec ménage et petit-déjeuner | Base principale de facturation de la TVA |
Logement en établissement social spécifique | 5,5 % | Résidence médicalisée sous conditions | Nécessite un cadre juridique dédié |
Prestations annexes indépendantes | 20 % | Location de salle de séminaire, services de conciergerie haut de gamme | Complexifie la gestion avec plusieurs taux |
En pratique, la bonne application du taux de TVA repose souvent sur l’analyse détaillée de chaque prestation : qui est le bénéficiaire, quelle est la nature exacte du service et dans quel cadre est-il rendu ? Une erreur de taux peut coûter cher plusieurs années après.
Fiscalité à la revente d’un bien LMNP avec récupération de TVA : principes et solutions pour limiter le remboursement
Lorsqu’un bien en LMNP a ouvert droit à déduction de TVA à l’acquisition, l’investisseur s’engage, en pratique, sur une durée de 20 ans. En cas de revente avant ce terme, une quote-part de la TVA initialement récupérée peut devoir être reversée à l’administration, proportionnellement aux années restantes.
Par exemple, si un bien est revendu après 8 ans, il reste 12 années sur 20 à couvrir. Une fraction de la TVA récupérée à l’achat doit alors être restituée, sauf cas de poursuite de l’activité taxable par l’acquéreur dans des conditions équivalentes. Cette mécanique impose d’intégrer la TVA dans la stratégie de sortie, au même titre que la fiscalité sur la plus-value.
Principe des 20 ans : engagement implicite de stabilité de l’affectation à une activité soumise à TVA.
Revente anticipée : risque de remboursement partiel de la taxe déduite.
Nécessité de simuler plusieurs scénarios de revente dès l’investissement.
Année de revente | Années restantes sur 20 | Part de TVA potentiellement à rembourser | Effet pour l’investisseur |
|---|---|---|---|
Après 5 ans | 15 | 15/20 de la TVA récupérée | Risque financier important à anticiper |
Après 10 ans | 10 | 10/20 de la TVA récupérée | Charge réduite mais encore significative |
Après 20 ans | 0 | Aucun remboursement | TVA définitivement acquise |
Parmi les solutions souvent évoquées, la cession entre investisseurs assujettis à la TVA est une voie intéressante. Si l’acquéreur reprend les engagements et poursuit l’exploitation dans des conditions similaires, le rappel de TVA peut être évité, ce qui sécurise la rentabilité globale de l’opération.
Erreurs fréquentes à éviter et bonnes pratiques pour optimiser la gestion de la TVA en LMNP
La gestion de la TVA en LMNP recèle quelques pièges classiques. Parmi eux, la confusion entre location meublée d’habitation exonérée de TVA et activité para-hôtelière, la méconnaissance des seuils de franchise, ou encore la mauvaise application des taux sur les services annexes. De nombreuses erreurs naissent aussi d’un suivi insuffisant des factures et des charges.
Un autre écueil fréquent est la confusion entre charges déductibles fiscalement et dépenses ouvrant droit à déduction de TVA. Un bailleur peut tout à fait déduire des intérêts d’emprunt de son résultat imposable sans pour autant en tirer un quelconque bénéfice en matière de TVA. Cette distinction conceptuelle est essentielle pour piloter correctement la trésorerie.
Cartographier son activité : pure location meublée ou modèle avec services structurés.
Formaliser les procédures : facturation, déclaration, archivage des justificatifs.
Recourir à un expert-comptable ou à des outils numériques pour sécuriser la TVA.
Erreur fréquente | Conséquence | Bonne pratique | Effet attendu |
|---|---|---|---|
Ignorer le statut de TVA à l’installation | Rattrapages ou impossibilité de récupérer la TVA passée | Analyser le projet dès la phase d’achat | Choix éclairé entre exonération et assujettissement |
Mauvaise application des taux | Redressements potentiels et pénalités | Vérifier chaque prestation et son régime | TVA correctement calculée et facturée |
Absence de suivi des factures | Perte de TVA déductible et erreurs en déclaration | Mettre en place un classement systématique | Optimisation des déductions et contrôle facilité |
En filigrane, la clé réside dans l’anticipation : intégrer la TVA dès la conception de son projet, choisir un mode d’exploitation cohérent avec sa cible de locataires et sa stratégie de détention, puis s’entourer d’outils et de compétences adaptés pour faire de la TVA un levier plutôt qu’une source d’inquiétude. Plus d'infos sur les lois sur notre plateforme.
Un LMNP doit-il forcément facturer de la TVA à ses locataires ?
Non. Par principe, la location meublée à usage d’habitation en LMNP est exonérée de TVA. Tant que le bailleur ne fournit pas de manière régulière au moins trois prestations para-hôtelières (petit-déjeuner, ménage, linge, accueil), il ne facture aucune TVA sur les loyers.
Comment savoir si mes services me font basculer dans un régime de TVA ?
Si vous proposez, de façon organisée et récurrente, plusieurs services assimilables à de l’hôtellerie (petit-déjeuner, nettoyage fréquent, fourniture de linge, réception), votre activité est en principe assujettie à la TVA. La simple présence de ces services dans vos annonces suffit à caractériser ce régime.
Quelles dépenses ouvrent droit à récupération de TVA pour un LMNP assujetti ?
La TVA sur l’achat d’un bien neuf ou en résidence de services, sur les travaux, l’entretien, certaines charges de copropriété, les honoraires de gestion ou de comptable peut être déduite, si l’activité est elle-même soumise à TVA. En revanche, les droits d’enregistrement, intérêts d’emprunt, taxe foncière et CFE ne génèrent pas de crédit de TVA.
Que se passe-t-il si je revends un bien avant 20 ans après avoir récupéré de la TVA ?
En cas de revente avant l’issue des 20 ans, une partie de la TVA récupérée à l’achat peut devoir être remboursée à l’administration, au prorata des années restantes. Il est possible de limiter ce remboursement si l’acquéreur poursuit une activité soumise à TVA dans des conditions similaires, en respectant les règles de transfert d’engagement.
Est-il utile de se faire accompagner pour la TVA en LMNP ?
Oui, dès que les montants en jeu ou la complexité des prestations augmentent, l’appui d’un expert-comptable ou d’outils numériques spécialisés est fortement recommandé. Ils sécurisent vos déclarations, optimisent la TVA déductible et réduisent le risque d’erreurs coûteuses en cas de contrôle.


